Agressée à 5 ans, elle doit se battre pour une indemnité décente

mars 23, 2016

Une femme de Québec agressée à l’âge de 5 ans a été forcée de se battre contre l’Indemnisation des victimes d’actes criminels (IVAC) pour obtenir une indemnité décente.

«J’ai été victime d’agression sexuelle par mon père de 5 à 15 ans.»

À 48 ans, elle vient de remporter toute une victoire.

«J’étais juste à 5% d’incapacité. Ils m’ont donné un salaire de 74 dollars par mois.»

Incapable de vivre avec une telle somme, elle a contesté la décision avec l’aide de l’avocat Marc Bellemare. Trois ans plus tard, le tribunal administratif du Québec renverse le tout et lui accorde 1200 dollars par mois.

Me Bellemare a d’ailleurs vite constaté que sa nouvelle cliente vivait toujours avec les blessures du passé. «On a réussi à faire casser la décision parce que quand j’ai rencontré madame à mon bureau […] j’ai tout de suite vu qu’elle était complètement dysfonctionnelle», avoue-t-il.

En 2013, la dame possédait une garderie et empochait un salaire de plus de 60 000 dollars par année. En raison des années d’abus qu’elle a subi, elle a malgré tout sombré dans une profonde dépression et a tout perdu.

«J’ai perdu la garderie. Je n’étais plus capable de changer les couches. Je n’étais plus capable de serrer les enfants. Je pleurais tout le temps», explique-t-elle.

«C’est un scandale. Ce n’est pas normal que la victime soit obligée de contester avec un avocat et un expert en psychiatrie pour aller devant le tribunal et remettre les pendules à l’heure. Normalement, le rôle de l’IVAC est d’évaluer correctement la victime», selon Me Bellemare.

À travers cette épreuve, c’est par la religion qu’elle est parvenue à conserver son équilibre.

Elle s’est convertie à l’islam il y a de cela 25 ans.

«Mon habit me permet de me cacher. De ne plus avoir cette sexualité à présenter.»

Les procédures judiciaires sont loin d’être terminées.  Elle souhaite maintenant que son agresseur soit traduit devant la justice.

«Ça vaut la peine de se battre», conclut-elle.