Agressé dans son taxi : Il réclame davantage d’indemnités

juin 09, 2011

09/06/2011

Par : Kathryne Lamontagne

Martin Gignac a fait appel à l’avocat Marc Bellemare pour tenter de mettre la main sur des indemnisations de l’IVAC qui reflètent sa situation.

© Daniel Mallard

Un chauffeur de taxi de Québec, agressé au couteau il y a un an et demi par un ressortissant marocain au lourd passé judiciaire, compte bien poursuivre l’Indemnisation des victimes d’actes criminels (IVAC), qui ne lui octroie que 19,30 $ par jour en guise de dédommagement.

La vie de Martin Gignac a littéralement basculé, dans la nuit du 11 septembre 2009, alors que l’homme, qui travaillait comme chauffeur de taxi, avait embarqué un individu d’une vingtaine d’années, Mohamed Thari.

Sans crier gare, Thari, l’avait alors pris à la gorge, par-derrière, et blessé à l’aide d’un couteau. En tentant de se défendre, M. Gignac avait été mordu profondément au doigt. L’agresseur s’était finalement enfui, avec de l’argent.

Arrêt de travail

Victime d’un violent syndrome posttraumatique, l’homme, aujourd’hui âgé de 45 ans, avait cessé de travailler durant quatre mois pendant lesquels l’IVAC lui avait versé 90 % de la valeur du salaire minimum, une somme nettement inférieure à ses 30 000 $ annuels. Pour payer ses comptes, la victime avait dû débloquer, cette année-là, ses REER de 35 000 $.

Sous antidépresseurs et suivi par une psychologue, M. Gignac avait tout de même repris à temps très partiel le travail, en janvier 2010. L’IVAC lui versait alors 497,60 $ aux deux semaines et M. Gignac engrangeait quelque 2 000 $ avec son travail. L’homme continuait de s’endetter.

271,20 $

En janvier dernier, l’IVAC a ajusté à la hausse la base salariale de M. Gignac à quelque 21 000 $. L’organisme estimait alors que Martin Gignac empochait un salaire de 14 000 $, et ce, même si son relevé d’impôt, pour 2010, stipulait qu’il en avait gagné 2 000. Sans avertissement, l’IVAC a diminué les indemnisations à 271, 20 $.

Peinant à comprendre cette décision, M. Gignac a tenté, vainement, de contester cette décision. « J’ai 15 000 $ de dettes. Mon taxi est à vendre, j’ai une petite maison sur l’île d’Orléans, je risque de la perdre. J’ai un vide intérieur que je ne peux pas expliquer. Je vis un calvaire. Je suis malheureux comme jamais je n’ai été malheureux », clame-t-il.

Me Bellemare

À bout de nerfs, M. Gignac est allé frapper à la porte de Me Marc Bellemare, qui compte bien exiger des explications de la part de l’IVAC. « L’IVAC ne fait vraiment rien pour s’intéresser à la réalité qu’il vit et de l’indemniser en conséquence. C’est ça qui attend les victimes : ils sont pris du jour au lendemain avec des machines infernales, des bureaucraties d’une complexité inouïe », déplore l’avocat, qui ne recommande même pas que M. Gignac travaille, étant donné son état.

De son côté, confidentialité oblige, Me Dominique Blain, porte-parole de l’IVAC, n’a pu commenté ce dossier. Elle assure toutefois que d’ordre général, chaque bénéficiaire est avisé de tout changement touchant ses indemnités.