Être un Bon Samaritain: à vos risques et périls!

novembre 09, 2014

CAPTURE D’ÉCRAN / AGENCE QMI

Comment réagiriez-vous en situation d’urgence sur la route? Songez-vous à vous immobiliser ou plutôt à continuer votre chemin? Patrick Brière était loin de se douter que sa bonne action lui coûterait aussi cher. L’équipe deJ.E. a sondé la réaction des automobilistes.

Une vie changée

Le 19 novembre 2005, la tempête fait des siennes lorsque Patrick Brière et sa famille sont témoins d’un accident. L’homme n’hésite pas une seule seconde avant de porter secours à ce couple de parfaits inconnus.

Patrick n’est pas un automobiliste comme les autres, il est ambulancier. Ce jour-là, il n’était pas en service. «Je frappais sur la voiture, mais personne ne me répondait, raconte Patrick qui se rappelle des moindres détails. J’ai d’abord aidé la dame à sortir et quand je l’ai pris en dessous des bras, j’ai fait une torsion et, à ce moment-là, la glace a cédé. J’ai senti un engourdissement dans mes jambes et le dos, mais je devais aussi aider le monsieur.»

Près de dix ans plus tard, Patrick consomme une kyrielle de médicaments tous les jours. La facture mensuelle atteint facilement 1000 $. «On me dit que j’ai une hernie discale entre les vertèbres L4, L5 et L5, S1. Le jeune père de famille vient tout juste d’être opéré cette semaine après une longue attente. Il espère pouvoir reprendre ses fonctions d’ambulanciers dans les prochains mois. Entre-temps, avec son avocat Me Marc Bellemare, il poursuit ses démarches judiciaires devant le tribunal administratif. «Lors de l’accident, j’ai appelé une ambulance et on m’a demandé de les prendre en charge puisqu’il y en avait plus de disponibles. On va tenter d’évoquer l’accident de travail plutôt que la loi du bon samaritain.»

Loi révisée?

La loi visant à favoriser le civisme ou la loi du Bon Samaritain exige à tout citoyen de porter secours à une personne dont la vie est en péril. L’avocat Marc Bellemare estime que les séquelles psychologiques ne sont pas prises au sérieux. «Le système est très antipathique», explique l’avocat spécialisé en droit social. Il ajoute que plusieurs « samaritains » lui font part de leurs regrets. «Ils me disent: « avoir su que j’aurais autant de difficultés je n’aurais jamais porté secours, j’aurais filé mon chemin pis je n’aurais pas eu de problème ». C’est malheureux.»

Simulation

L’équipe de J.E. a simulé un léger accident dans un endroit sécuritaire. La voiture endommagée a été installée sur le bord d’une route où la limite de vitesse est de 50 km/h et où les automobilistes doivent faire un arrêt obligatoire.

L’expérience a duré 30 minutes. Au total, 63 automobilistes, des cyclistes et même des piétons sont passés tout près de la scène.

 

MARIE-PIER CLOUTIER / AGENCE QMI

Publié le: | Mise à jour: 
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