Son camion a plongé tête première dans un trou béant au beau milieu de la chaussée, laissant Chantal Daunais blessée. Elle crie à la négligence, mais n’a aucun recours contre la Ville de Terrebonne.«On n’avait pas à vivre ça. Ça n’a aucun sens. Je ne peux pas laisser faire ça», dit Mme Daunais, que l’accident met encore dans tous ses états.

Le 20 août, elle profitait de ses vacances pour garder les jumeaux de 10 ans, Cédrick et Gabriel, dont la mère est une amie.

Au menu, une journée Go-Kart à Terrebonne. N’y étant pas allée depuis un bon moment, elle ignore que l’endroit est fermé, raconte-t-elle. Le terrain a été racheté par la Ville.

La résidente de Terrebonne s’engage donc avec son véhicule dans le chemin de gravier qui auparavant menait au Go-Kart sans trop se poser de question.

Après quelques minutes, son camion s’engouffre dans un trou de plusieurs mètres de profondeur, relate-t-elle. La chaussée s’y était affaissée. Le nez du camion touche alors le fond du trou. Le véhicule repose presque en position verticale.

«Il y avait une bosse dans le chemin, on ne pouvait pas voir le trou», dit-elle.

Elle s’extirpe du véhicule malgré ses blessures. Elle aide les deux garçons à faire de même. Tous les trois sont conduits à l’hôpital.

Deux mois plus tard, elle souffre toujours d’une entorse dorsale et n’a pas travaillé depuis. Les deux garçons s’en sont sortis indemnes.

Pas d’indication

Mme Daunais n’hésite pas à accuser la Ville de négligence. Il lui est toutefois impossible de la poursuivre en raison du «no-fault».

«On bouche le trou, puis on n’en parle plus?», s’indigne-t-elle.

Non seulement le chemin était accessible alors qu’il n’aurait pas dû l’être, mais rien de signalait la crevasse, dénonce-t-elle. «Pas même un cône.»

En effet, «au centre de la chaussée, il y avait un affaissement sans indication donc le (véhicule) est tombé dans le trou», peut-on lire dans le rapport d’accident.

Si elle touche une indemnisation de la SAAQ, celle-ci est loin de couvrir toutes les dépenses engendrées par l’accident, regrette la dame. Et encore moins de lui rendre justice, plaide-t-elle.

Le trou a été remblayé dans les jours qui ont suivi l’accident, assure Mme Daunais. Les blocs de ciment empêchant l’accès au chemin ont été remis en place.

La Ville de Terrebonne refuse de commenter l’histoire qui relève désormais du contentieux. Seule chose, «ça fait longtemps qu’il n’y a plus d’activité à cet endroit», fait valoir Joël Goulet, porte-parole de la Ville.