Le PQ s’indigne des frais d’avocats à Bastarache

mars 15, 2011

Publié par : ALexandre Robillard

15/03/2011 19h05

LA PRESSE CANADIENNE

QUÉBEC – Le Parti québécois s’est indigné, mardi, des frais d’avocats de 640 000 $ engagés par le gouvernement et le premier ministre Jean Charest lors de la commission Bastarache.

La députée péquiste Véronique Hivon a exprimé son trouble, affirmant que les deux avocats ont facturé beaucoup plus d’heures que celui travaillant pour l’ex-ministre de la Justice Marc Bellemare.

En Chambre, Mme Hivon a affirmé que Suzanne Côté, qui agissait pour le gouvernement, a perçu jusqu’ici des honoraires de 375 000 $, pour 1600 heures de travail.

La porte-parole péquiste de la justice a relevé qu’André Ryan, dont les services ont été retenus par M. Charest, a quant à lui facturé 265 000 $ pour 1200 heures.

Mme Hivon trouve inexplicable que les deux avocats aient travaillé autant sur ce dossier, alors que l’avocat de M. Bellemare, Jean-François Bertrand, a pour sa part facturé 530 heures à son client.

«Nous savions depuis longtemps que la commission Bastarache était une commission par le premier ministre, pour le premier ministre, a-t-elle dit. Nous pouvons maintenant affirmer que la commission Bastarache était aussi une commission pour les avocats du premier ministre.»

Le leader parlementaire du gouvernement, Jean-Marc Fournier, a rejeté l’analyse de Mme Hivon, faisant valoir que la participation des deux avocats a pu nécessiter plus de travail, en raison des nombreux témoins à interroger.

«Il y avait un ensemble d’autres interlocuteurs qui sont venus et qui ont impliqué une participation de certains avocats, peut-être moins de (certains) autres, a-t-il répondu. On ne peut pas simplement se lever ici, puis faire une petite comparaison de chiffres, puis crier au scandale quand ça ne tient pas la route, mais absolument pas.»

Tout comme les honoraires de Mme Côté, ceux de M. Ryan sont défrayés par l’État.

M. Ryan a aussi représenté M. Charest dans la cause civile l’opposant à M. Bellemare, mais dans ce cas, le premier ministre en assume le coût.

Le commissaire Michel Bastarache a été nommé en avril dernier afin d’examiner les allégations de trafic d’influence formulées par M. Bellemare à propos du processus de nomination des juges.

Dans son rapport, présenté en janvier, M. Bastarache a observé que le processus était ouvert aux influences externes, mais conclu que M. Bellemare avait procédé librement aux nomination de magistrats.

MM. Charest et Bellemare ont récemment abandonné les poursuites en dommages qu’ils s’étaient mutuellement assénées.