Les familles avant les chauffards

avril 13, 2012

-Publié par : Journal de Québec, Dominique Hardy

13/04/2012

Des parents de victimes de la route lancent une pétition réclamant de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) qu’elle cesse d’indemniser les chauffards reconnus coupables d’actes criminels et que l’argent soit plutôt versé aux familles des victimes.

Ces parents demandent que le principe d’indemnisation sans égard à la faute, communément appelé no-fault, soit modifié.

« La sentence à vie, nous autres, on l’a eue », mentionne avec un mélange de colère et de tristesse Claude Jolicœur, père de Patricia. La jeune femme de 27 ans a été happée par un chauffard le 26 novembre 2006 lorsqu’elle promenait son chien dans un quartier résidentiel de Saint-Lazare.

Le conducteur, Edward Hakim, 19 ans, roulant à vitesse excessive à bord de son véhicule, a heurté la jeune femme et l’a projetée 13 mètres plus loin. Il ne s’est jamais arrêté. L’homme a été condamné à 18 mois de prison en 2008 pour ce crime.

Patricia Jolicœur a survécu quatre ans à cette collision avec des séquelles irréversibles au cerveau. Elle est morte le 29 janvier 2011 à l’âge de 31 ans. À bout de souffle, les parents de la jeune femme ont assumé seuls beaucoup de dépenses afin d’aider leur fille.

« Mon fils est mort dans une collision frontale avec un récidiviste qui en était à sa quatrième offense », raconte Hélène Auger, mère d’Alain, 16 ans, mort à Rémigny, en Abitibi, le 24 décembre 2003.

« J’ai eu droit à 10 séances de thérapie et c’est à peine le temps que vous avez besoin pour arrêter de pleurer en pleine crise. »

« Qu’on arrête de donner des chèques qui vont jusqu’à 1 600 $ aux deux semaines à des criminels qui sont en attente de leur procès ou qui ont été condamnés », clame Me Marc Bellemare, qui milite depuis de nombreuses années pour que le no-fault soit en faveur des proches des victimes de la route. « C’est ahurissant! »

Anormal

« On est outré lorsqu’on voit quelqu’un qui a commis un acte criminel à l’endroit d’un enfant, mais un acte criminel avec un volant, ça nous donne l’immunité, et ce n’est pas normal », a renchéri la député caquiste Sylvie Roy, qui parraine cette pétition qui sera mise en ligne sur le site Web de l’Assemblée nationale.