L’IVAC, «une gang de sans-coeur»

novembre 09, 2016

Des «sans-cœur» qui ne respectent pas la loi, qui ne se soucient pas de la détresse des victimes, qui leur font vivre un cauchemar pour ne pas les indemniser.

Voici l’essentiel des plaintes formulées par plusieurs«victimes» contre l’IVAC, le programme d’Indemnisation des victimes d’actes criminels lors de l’émission «J.E.» diffusée ce mardi.

«On a gratté le bobo à toutes les fois. Oublie pas, t’es pas une victime. Tes enfants sont morts. Tu te bats pour être une victime, mais t’en es pas une.»

C’est ainsi que s’exprime Patrick Desautels en parlant des démêlés qu’il a eu avec l’IVAC pour se faire reconnaître comme victime à la suite de l’assassinat de ses trois enfants par son ex-conjointe.

«C’est sûr que tu ne t’en sors pas, le deuil est beaucoup plus long», ajoute-t-il. Le combat de Patrick Desautels pour être reconnu comme victime s’est prolongé durant les six mois qui ont suivi le drame.

M. Desautels a finalement obtenu une décision favorable devant le tribunal administratif du Québec, ce qui a forcé l’IVAC à lui verser les indemnités prévues aux victimes.

Pour Marc Bellemare, l’avocat de M. Desautels, «les fonctionnaires de l’IVAC mentent effrontément aux victimes qui tentent de faire respecter leurs droits». Il y a des droits qui se perdent dit-il à l’émission «J.E.», parce que les victimes ne sont pas informées par l’IVAC.

En refusant d’indemniser les victimes, l’IVAC ne fait qu’appauvrir les plus vulnérables affirme Nancy Roy de l’association des familles de personnes assassinées ou disparues.

Le combat a été plus long pour Nadine Brillant, dont les deux enfants ont été assassinés par son ex-conjoint qui s’est aussi enlevé la vie. C’était en 2012 à Warwick.

Le 15 septembre dernier, elle est devenue la première victime à gagner sa cause contre l’IVAC en Cour supérieure.

«Un jugement qui va ouvrir la voie aux demandes d’indemnités des victimes d’actes criminels», affirme Marc Henry, un des avocats de Nadine Brillant qui a accueilli la décision de la Cour supérieure avec un grand soulagement.

À cela s’ajoute le rapport accablant de la Protectrice du citoyen publié à la suite d’une enquête spéciale sur l’indemnisation des victimes d’actes criminels.

Un rapport qui contient 33 recommandations pour que l’IVAC respecte sa mission première, aider les victimes d’actes criminels.
http://www.tvanouvelles.ca/2016/11/01/livac-une-gang-de-sans-coeur