Des victimes inquiètes des sorties de Rolland Belzil

mai 31, 2014

Rolland Belzil, cet homme qui avait assassiné à coups de couteau son voisinRonald Malo, et avait attaqué deux employés de la ville de Verchères le 13 janvier 2012, va bénéficier de nouveaux droits de sortie et quitter progressivement l’Institut Pinel selon ce qu’a appris TVA Nouvelles.

L’homme de 80 ans pouvait jusqu’ici quitter quelques fois l’hôpital psychiatrique accompagné d’un intervenant même si des médecins ont affirmé il y a un an qu’il souffrait de troubles délirants.

Rolland Belzil en 2012 (archives, agence QMI)

Le Tribunal administratif du Québec a décidé que M. Belzil pourra désormais s’absenter seul huit heures par semaine pour participer à des thérapies sur l’île de Montréal afin d’apprendre à mieux son alcoolisme.

Une décision qui inquiète grandement les gens de Verchères et notamment la veuve de Ronald Malo, Nicole.

«Comment voulez-vous que l’on fasse confiance à cet homme-là? Il n’a jamais rien respecté. Il ne restera peut-être pas sur l’île de Montréal», croit-elle.

En janvier 2012, après des années de menaces, Rolland Belzil a tué Ronald Malo qu’il accusait de lui avoir vendu un terrain contaminé.

Puis il s’est rendu à l’hôtel de ville de Verchères où il a tenté de poignarder le directeur de la municipalité et son adjoint qui heureusement n’ont pas été blessés gravement.

Il a été reconnu non criminellement responsable de ses gestes par le tribunal pour des raisons de troubles mentaux. La famille de M. Malo n’a jamais eu droit de parole dans cette affaire.

La fille de Ronald et Nicole Malo (TVA Nouvelles)

Le jour de l’assassinat, Rolland Belzil avait également voulu s’en prendre à Mme Malo. Elle et ses enfants craignent maintenant le pire.

«Je vis dans la crainte de trouver ma mère assassinée. Nous les victimes, nous sommes ridiculisées sans avoir le droit», confie la fille de la victime, Isabelle Malo.

«À chaque bruit, chaque coup de téléphone qu’on va entendre, est-ce que je vais encore me faire dire qu’on a trouvé ma mère morte.»

L’avocat Me Marc Bellemare qui les représente indique qu’il n’en restera pas là.

«J’ai déposé une requête en Cour supérieure pour faire casser cette décision, ce processus à mon avis honteux qui méprise les victimes et qui les considère comme des moins que rien», indique-t-il.

Deux ans et demi après son crime, Rolland Belzil se rapproche de sa liberté, ce que cette famille en deuil juge inacceptable.

- d’après un reportage d’Harold Gagné

 
http://tvanouvelles.ca/lcn/judiciaire/archives/2014/05/20140529-184301.html#.U4k1kG7aEk4.email