Un travailleur gravement blessé sera finalement indemnisé

mars 23, 2016

Un homme de Saguenay gravement blessé au dos dans le cadre de son travail en septembre 2014 sera finalement indemnisé. Son cas pourrait même faire jurisprudence.

Sylvain Truchon travaillait depuis six mois pour l’entreprise Plomberie Leblond, située à Rimouski, lorsqu’il a accepté d’effectuer une tâche inhabituelle.

«Je devais déplacer de grosses plaques de métal, a expliqué M. Truchon. On a évalué que ça me faisait environ une centaine de livres à soulever par plaque et il y en avait une quarantaine.»

Il n’a pas osé dire non à son employeur, même s’il se doutait que soulever des charges aussi lourdes n’était pas sans danger. Il se sentait obligé de le faire parce qu’il craignait de perdre son emploi.

Il a commencé à avoir mal au dos dans les heures suivant sa journée de travail et la douleur s’est amplifiée.

Une semaine après les événements, il a finalement décidé de consulter un médecin qui lui a alors appris qu’il souffrait d’une hernie discale.

Sylvain Truchon ne pourra plus jamais travailler dans le monde de la construction. Ses séquelles sont permanentes, mais le travailleur de 36 ans a décidé de sa battre pour faire reconnaître ses droits.

«Je n’avais pas le choix d’emprunter pour me prendre un avocat et d’aller de l’avant, a-t-il précisé. C’était mon avenir qui était en jeu, étant donné que je ne suis plus capable de fonctionner comme auparavant.»

Il s’est tourné vers le tribunal administratif du travail lorsque la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) qui a refusé de l’indemniser.

«À la CSST, on ne tient pas compte véritablement des problèmes de posture, des gens qui travaillent tout croche et qui peuvent développer des maux de dos», a souligné son avocat, Me Marc Bellemare.

Le tribunal lui a toutefois donné raison.

«Le jugement vient confirmer le fait qu’on peut être indemnisé par la CSST même si on n’a pas été victime d’un accident de façon précise, a expliqué Me Bellemare. En autant qu’on peut établir sur une bonne période de temps qu’on a fait un travail qui allait au-delà de nos capacités.»

Ce jugement pourra même servir de référence dans l’avenir pour d’autres accidentés du travail.

Sylvain Truchon, lui, compte retourner sur le marché du travail, mais ne sait pas encore dans quel domaine se réorienter. Il tire toutefois des leçons de sa mésaventure et aimerait que les travailleurs réfléchissent davantage à leurs actions.

«Quand c’est pour une journée de travail ou même une semaine, si c’est pour vous hypothéquer pour le reste de vos jours, dites-vous que cette semaine-là peut vous faire mal très longtemps», a-t-il avisé.

Kate Tremblay | TVA Nouvelles

- Agence QMI

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