Appel de la sentence d’Alain Morneau: Marc Bellemare appuie les parents de Mathieu

Appel de la sentence d'Alain Morneau: Marc Bellemare appuie les parents de Mathieu

Les parents de Mathieu Thibeault poursuivent leur combat afin d’obtenir justice à la suite de la peine de prison de six ans, qu’ils jugent insuffisante, qui a été imposée à Alain Morneau le 20 février dernier par la juge Chantale Pelletier. Appuyés dans leurs efforts par l’ancien ministre de la Justice et avocat Marc Bellemare, ils somment le directeur des poursuites criminelles et pénales d’en appeler de la sentence qui a été infligée à celui qui a fauché la vie de leur fils de 15 ans le 22 septembre dernier au volant de son véhicule.

MATTHIEU BOIVIN | Le Soleil

Vendredi dernier, Me Bellemare a envoyé une lettre de quatre pages à Me Louis Dionne, le directeur des poursuites criminelles et pénales, afin que la Couronne en appelle de la sentence. Dans cette missive dont Le Soleil a obtenu copie, l’avocat rappelle que le législateur permet maintenant à un juge d’imposer une peine à perpétuité pour un automobiliste ivre qui aurait causé la mort. Selon lui, il est grand temps que les peines reflètent ce que le Code criminel permet. Surtout que Morneau risque fort de purger moins de la moitié de sa peine – si ce n’est pas moins – et de bénéficier d’une libération conditionnelle hâtive.Il n’est pas surprenant de voir Me Bellemare se mêler à cette histoire. Il s’était présenté en politique notamment afin de permettre aux proches des victimes de l’alcool au volant de poursuivre au civil le chauffard qui leur a enlevé un fils, une fille, une conjointe ou un père. Actuellement, le système du no fault ne permet pas aux citoyens d’entreprendre de tels recours.

«C’était le cas parfait pour changer les choses, explique Marc Thibeault, lors d’une entrevue exclusive avec Le Soleil. C’est un triple récidiviste qui n’avait jamais compris le message. Je ne fais pas cette demande par vengeance, mais bien pour que cessent ces tragédies.»
L’avocat qui avait représenté le ministère public dans le dossier de Morneau, Jean-Simon Larouche, avait demandé 10 ans de pénitencier à la juge Pelletier. Le tribunal a finalement opté pour six ans et une interdiction de conduire de 12 ans.

«Je ne voulais pas faire ça dans le dos de Me Larouche et je l’ai appelé pour l’informer de ma démarche, indique M. Thibeault. Tout de suite après le prononcé de la sentence, il m’avait dit qu’il n’irait pas en appel.»

«(…) Avant qu’il décide de demander 10 ans d’emprisonnement, j’avais eu quelques discussions animées avec Me Larouche sur la sentence à proposer. Au départ, il penchait plus pour une peine de six à huit ans, à l’image de la jurisprudence. Il a finalement opté pour 10 ans.»

Débat public

Avec cette démarche, M. Thibeault, qui a perdu son fils unique dans cette tragédie, souhaite aussi provoquer un débat public sur l’alcool au volant et sur les mesures à prendre pour éliminer ce fléau qui a brisé tant de familles au Canada et partout dans le monde.
«Je veux sensibiliser davantage la population et surtout les jeunes aux conséquences de la conduite avec les capacités affaiblies. Depuis l’accident, j’ai rencontré une dame qui disait conduire parfois après avoir bu. Elle m’a dit qu’elle voulait prendre les moyens pour se débarrasser de cette mauvaise habitude. C’est ce que je souhaite réussir : changer les habitudes de ces gens qui conduisent en état d’ébriété.»
M. Thibeault dit être bien appuyé depuis la tragédie. Les amis de Mathieu viennent parfois le visiter, lui et sa conjointe Nancy, et tous se rappellent de bons moments. Ses proches sont là aussi pour lui et sa femme.

Il est particulièrement fier de la création d’une page Facebook – par une amie de très longue date de Mathieu – pour dénoncer l’alcool au volant. Il a été le premier à faire un don de 25 $ sur ce site parrainé par les Mères contre l’alcool au volant (MADD). L’adresse de la page est
Même s’il espère de tout coeur voir le ministère public en appeler, il ne se fait pas d’illusion. «Je sais que six ans, avec la jurisprudence, c’est une “bonne” peine, affirme-t-il, en prenant bien soin de faire le signe des guillemets pour encadrer le mot bonne. Mais il faut qu’on cesse uniquement de se fier à la jurisprudence. Et il faut aussi que les systèmes de libération conditionnelle fassent leur part là-dedans. Ces multirécidivistes doivent demeurer derrière les barreaux le plus longtemps possible et cesser de profiter du système.»
La Couronne a 30 jours à partir du prononcé de la sentence pour en appeler de la sentence.

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