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Demande d’action collective contre les archidiocèses de Gatineau

4/14/26

Recours collectif

 

Les cabinets Bellemare avocats et Lambert avocats ont déposé une demande pour obtenir l’autorisation d’exercer une action collective et pour être représentants auprès de la Cour supérieure du Québec le 27 mars. Cette demande vise les archidiocèses de Gatineau et d’Ottawa-Cornwall.

Si la requête est approuvée, l’action collective concernerait toutes les personnes ayant été agressées sexuellement par un membre du clergé, un employé ou un bénévole, laïc ou religieux, se trouvant sous la responsabilité de l’Archevêque catholique romain de Gatineau et/ou de The Roman Catholic Episcopical Corporation of Ottawa, peut-on lire dans la requête.

La demande vise l’obtention d’une compensation financière. Aucun montant précis n’a toutefois été fixé dans la requête.

Au moment du dépôt de la demande, six personnes, dont les requérants, ont communiqué avec les avocats qui pilotent le dossier. Ils allèguent avoir été victimes d’agressions sexuelles commises par des préposés des Églises catholiques de la région.

Des agressions alléguées dans les années 1960 et 1970

Deux hommes de la région portent la voix des demandeurs.

Le premier, désigné par les initiales A.B., affirme avoir été victime d’une agression sexuelle de la part de l’abbé Marcel Massie durant les année 1960, dans une résidence de Saint-André-Avellin. Au moment des faits, le jeune homme, originaire de Plaisance, n’était âgé que d’environ 14 ans.

Lors d’une soirée en 1967, l’abbé Massie lui aurait demandé de partager son lit. Devant son refus, l’abbé Massie se serait introduit dans le lit de la victime présumée au milieu de la nuit et aurait commis des attouchements sexuels.

A.B. déclare avoir dénoncé l’abbé Massie à ses parents. Ces derniers auraient ensuite informé un autre curé de ces actions. Mais, selon les faits allégués, malgré la dénonciation, l’abbé Massie a été promu au rang de vicaire général du diocèse de Hull en 1978.

En 2002, l’abbé Massie a été condamné à payer 1500 $ et soumis à une probation de deux ans après que des images de pornographie juvénile ont été trouvées dans son ordinateur par des techniciens d’un atelier de réparation d’appareils informatiques, rappelle-t-on dans le document déposé en cour.

Gros plan sur les mains d'un prêtre qui tient un calice dans une église.

Le demandeur C.D. était servant d’autel à l’église Saint-François-de-Sales au moment de l’agression présumée. (Photo d’archives)

Le deuxième requérant, C.D., est originaire de Gatineau. Il affirme avoir subi des agressions répétées perpétrées par l’abbé Édouard Townsend. Les faits allégués se seraient produits vers la fin des années 1970, alors que C.D. était âgé de 10 ans et était servant d’autel à l’église Saint-François-de-Sales, à Gatineau.

Avec le temps, l’abbé Townsend serait devenu de moins en moins hésitant à commettre des attouchements de plus en plus graves sur C.D., allègue la demande d’action collective.

La victime alléguée aurait subi des blessures à la suite des agressions qui auraient été commises par l’abbé Townsend.

Une plainte aurait été déposée auprès de l’archidiocèse par un membre de la famille de C.D. pour dénoncer les actes du prêtre. Mais le demandeur affirme qu’aucune mesure raisonnable n’a été prise par l’archidiocèse pour que l’abbé Townsend n’entre plus en contact avec des enfants.

Les défenderesses ont laissé un tel prédateur au sein de leurs membres, peut-on lire dans la demande d’action collective.

Treize ans après les agressions présumées, l’abbé Townsend a été accusé d’avoir agressé trois garçons âgés de 10 ans de l’École Saint-Jean-de-Brébeuf.

L’archidiocèse de Gatineau dit prendre très au sérieux les allégations

Contacté par Radio-Canada dimanche, l’archevêque d’Ottawa-Cornwall, Mgr Marcel Damphouse, a décliné une demande d’entrevue, affirmant ne pas être au courant de la demande d’action collective intentée contre son archidiocèse.

Pour sa part, l’archevêque de Gatineau, Mgr Paul-André Durocher, n’a pas voulu commenter le dossier dans une entrevue.

Les bureaux de l'archidiocèse de Gatineau vue de l'extérieur.

Dans une déclaration transmise vendredi, Mgr Durocher a dit prendre très au sérieux toute allégation d’abus.

Nous reconnaissons la souffrance réelle et durable que de tels gestes peuvent causer, et nous demeurons profondément solidaires des personnes qui en ont été victimes, a-t-il déclaré.

L’archidiocèse a ajouté que, depuis plusieurs années, il a mis en place des mesures rigoureuses visant à assurer la sécurité des personnes dans les milieux paroissiaux et que ces engagements demeurent au cœur de ses priorités.

L’archidiocèse affirme vouloir collaborer pleinement et de bonne foi au processus judiciaire en cours, et ce, afin que la vérité puisse être établie.

Une tâche difficile

Selon le journaliste spécialisé en affaires religieuses pour le média Présence – informations religieuses, François Gloutnay, la recherche de la vérité est souvent une tâche difficile pour les diocèses.

Malheureusement, on se rend compte aujourd’hui que les archives dans les diocèses ne contiennent pas grand-chose, déplore-t-il. Lorsqu’il y a des actions collectives qui sont déposées et lorsqu’elles sont jugées, on a beaucoup de difficulté à trouver dans les archives des documents qui prouvent ce qui s’est passé.

Le journaliste souligne que la quasi-totalité des 18 diocèses du Québec ont fait l’objet de demandes d’actions collectives.

Tous les diocèses sauf un seul ont tous été visés par des actions collectives. C’est quand même assez exceptionnel.

Avec les informations de Félix Pilon et de Louis-Denis Ébacher

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2245721/demande-action-collective-archidiocese-gatineau-ottawa

 

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