L’avocat Marc Bellemare, spécialisé dans la défense des accidentés de la route, a saisi une belle occasion de faire de la sensibilisation en offrant à 1 000 jeunes la possibilité d’assister gratuitement au film Dérapages.

En effet, 1 000 jeunes de 24 ans et moins de la région de Québec sont invités, aujourd’hui, à voir le film Dérapages, réalisé par Paul Arcand.

Les billets seront distribués à compter de 11 h 30, ce matin, dans les salles de cinéma Cineplex de Beauport et de Sainte-Foy.

« Je veux que les jeunes voient ce documentaire. Je l’ai vu en prévisionnement et je peux vous assurer que l’impact est réel chez les jeunes. Personne ne sort de là indifférent », a expliqué Me Bellemare.

Ce documentaire-choc relate la vie de jeunes de 16 à 24 ans qui ont vu leur vie basculer à la suite d’un accident d’auto. Les témoignages, les images et le traitement du sujet vont grandement réfléchir.

Surreprésentation

Les jeunes conducteurs de 16 à 24 ans sont surreprésentés dans les accidents de la route. Même s’ils sont titulaires de seulement 10 % des permis de conduire au Québec, ils étaient impliqués dans 24 % des accidents avec dommages corporels. Selon la Société de l’assurance automobile du Québec, la témérité et l’inexpérience demeurent les principales causes d’accident. De 2006 à 2010, la vitesse a été en cause dans 52 % des accidents mortels impliquant des conducteurs de 16 à 24 ans.

Croisade

Par ailleurs, Marc Bellemare s’est attaqué une nouvelle fois à certaines dispositions du no fault, la clause de non-responsabilité de la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ). Cette clause ne fait aucune distinction entre un criminel, par exemple un chauffard récidiviste, et une victime d’un accident de la route. M. Bellemare dénonce le fait que des chauffards impliqués dans des accidents ont droit à des indemnités de la SAAQ.

« Qu’on les soigne, qu’on s’occupe d’eux au niveau des soins de santé, c’est correct, mais qu’on leur verse toutes les deux semaines 1 600 $ ou 1 700 $ nets d’impôts, pour compenser leur salaire, même, en partie pendant qu’ils sont incarcérés, c’est évidemment inacceptable pour tout citoyen québécois », a-t-il affirmé, en marge d’une allocution à Montréal, aux côtés du sénateur Pierre-Hugues Boisvenu et de la députée caquiste Sylvie Roy.

Comme certains proches de victimes, M. Bellemare estime que le soutien financier de la SAAQ n’est, bien souvent, pas suffisant.

C’est par exemple le cas d’Hélène Auger. Son fils est décédé après avoir été fauché par un chauffard. Elle n’a eu droit qu’au remboursement de dix séances de thérapie, alors qu’elle avait besoin de beaucoup plus de support. « C’est trois ans de thérapie, a-t-elle expliqué. Faites le calcul vite, 100 $ par semaine pendant trois ans, ça fait une petite somme assez phénoménale » De son côté, le chauffard multirécidiviste responsable de l’accident a eu droit à tous les soins alors qu’il était incarcéré.

Une pétition, parrainée par la députée caquiste Sylvie Roy, est disponible sur le site de l’Assemblée nationale. Marc Bellemare et ses compagnons espèrent que la pétition va inciter les autorités à revoir le principe de l’indemnisation sans égard à la responsabilité.

— Avec l’Agence QMI