Le ministre en fait l’engagement : Une justice plus mordante

septembre 27, 2012

-Publié par : Jean-Nicolas Blanchet,

 

27/09/2012 

Le nouveau ministre de la Justice, Bertrand St-Arnaud, veut mieux orienter le système de justice afin qu’il « fasse preuve de la sévérité qui s’impose » en matière criminelle, surtout à l’égard des multirécidivistes de l’alcool au volant.

En entrevue avec Le Journal, le ministre St-Arnaud a tenu à souligner cet engagement deux jours après le tollé qu’a suscité la remise en liberté de Jacques Lehoux, multirécidiviste en matière d’alcool au volant et accusé d’avoir causé la mort de Michaël Blais. Moins de deux mois après la tragédie, il a été libéré dans l’attente de son procès. La Couronne s’était opposée, plaidant entre autres que sa libération ferait perdre au public sa confiance envers la justice.

Mercredi, l’ex-ministre de la Justice Marc Bellemare a écrit à Bertrand St-Arnaud pour le sommer de porter en appel la décision de libérer Lehoux. Me Bellemare proposait ainsi au nouveau ministre de « marquer le pas vers une justice criminelle plus crédible ».

Précisant qu’il avait lu avec attention la lettre, le ministre a indiqué qu’il ne détenait pas le pouvoir de casser le jugement, rappelant que le « politique » ne peut pas s’immiscer dans un dossier précis de poursuite criminelle. Il a cependant farouchement souligné sa grande préoccupation d’une justice sévère à l’égard des multirécidivistes de l’alcool au volant.

« On sent cette inquiétude dans la population. On comprend les familles (…) Dans les prochains jours, je vais prendre connaissance des orientations du ministère à cet égard. Vous pouvez être certains que je répondrai à la commande s’il y a lieu d’apporter des modifications pour une plus grande sévérité. »

Le ministre a rappelé son pouvoir de « donner de grandes orientations » servant à guider les procureurs de la Couronne dans leurs actions devant « certains dossiers dont, par exemple, l’alcool au volant ». Il ajoute que la première ministre lui a demandé formellement d’être plus sévère face à une série d’actes criminels et plus compatissant pour les victimes.

Avec un grand S

« Mais ma première préoccupation, ce sont les orientations en matière de récidives d’alcool au volant (…) Je suis très sensible à cette situation », a-t-il poursuivi, ajoutant à contrecœur qu’il ne pouvait pas commenter le cas précis de Jacques Lehoux. « C’est difficile de ne pas le faire, mais je peux seulement dire que je suis préoccupé, au sens large, comme toutes les autres situations », s’est-il limité à dire.

« Je peux vous dire que je vais transposer en orientations ces préoccupations à l’égard des crimes. On prend ça au sérieux et je vais m’assurer de la sévérité, avec un grand S, qui s’impose », a-t-il conclu.