Ligue canadienne de football à Québec: le projet de stade au ralenti

novembre 29, 2010

Publié par :Mikaël Lalancette
cyberpresse

29/11/2010 09h25

(Québec) Les pourparlers sont au ralenti entre la Ville de Saint-Augustin-de-Desmaures et Marc Bellemare au sujet du projet de construction d’un stade de football, condition sine qua non d’une expansion de la Ligue canadienne de football (LCF) dans la capitale.

Le maire Marcel Corriveau a confirmé hier que ses dernières discussions avec l’avocat de Québec remontent à «quelques mois».«Je n’ai pas parlé à M. Bellemare depuis environ trois mois», a-t-il soutenu lors d’une entrevue téléphonique. «Je ne sais pas s’il travaille encore sur le projet de son côté, mais lors de notre dernière discussion, il disait toujours avoir des investisseurs intéressés à bâtir un stade.»

Lorsque joint par Le Soleil hier, Marc Bellemare a refusé de faire tout commentaire «sur ce dossier-là». L’avocat de Québec caresse le projet depuis quelques années déjà.

M. Corriveau reconnaît que les récents propos du commissaire de la Ligue canadienne de football, Mark Cohon, ont «jeté une douche d’eau froide» sur la région et ses espoirs d’avoir un jour sa place dans le circuit dans lequel évoluent les Alouettes de Montréal.

Vendredi dernier, M. Cohon déclarait que les «principales raisons qui font en sorte que Québec est exclue des discussions entourant une 10e équipe sont d’abord son stade. Ensuite, ils ont déjà leur football avec le Rouge et Or».

Il avait aussi renchéri en affirmant qu’un groupe d’investisseurs éventuels devrait négocier avec la LCF puisque «Québec fait partie du territoire protégé des Alouettes».

«Ça m’a surpris un peu, a admis Marcel Corriveau. C’était nouveau pour moi. Ce n’est pas ce que M. Bellemare me disait. Il affirmait avoir les contacts nécessaires à la Ligue pour obtenir une équipe si nous avions un stade.»

M. Corriveau ne voit pas non plus comment Montréal pourrait s’élever contre la présence d’une équipe à Québec.

«Ça ferait une belle rivalité entre les deux. Pour le Rouge et Or, est-ce qu’avec l’équipe gagnante qu’ils ont, ça nuirait? Peut-être au début. Mais la région a le bassin de population pour faire vivre les deux.»

Selon lui, «le calendrier d’une saison de football n’a rien à voir avec celui au hockey. Ce serait différent si on parlait du retour des Nordiques et de la popularité des Remparts, par exemple», a-t-il comparé.

Encore de l’intérêt

Même si sa municipalité n’a signé «aucun contrat» et n’a d’entente avec personne, le maire Corriveau dit toujours être «ouvert à redémarrer le dossier».

«Si on nous fait signe, on va être là, a-t-il assuré. On va faciliter les choses. Il y a des terrains disponibles près de la 40. Mais pour ça, il faut des investisseurs. La Ville ne sera quand même pas le promoteur d’une équipe!»

L’intérêt du circuit canadien pour le marché de Moncton, avant celui de la région de Québec, est «décevant» puisque la région de la Capitale-Nationale «est très dynamique» et a montré son amour pour le football, a constaté le maire. En 2007, M. Cohon avait dit considérer Québec et Halifax comme des «candidates de choix» pour étendre son circuit à 10 équipes, si celles-ci pouvaient «avoir un stade».

Un an plus tard, le chef de l’exploitation du circuit, Michael Copeland, avait indiqué que Québec venait «au sommet de la liste des marchés possibles».

Selon le réseau TSN, la Ligue canadienne annoncera cette semaine le retour d’Ottawa dans ses rangs pour la saison 2013.

Les maires d’accord

Le maire de Saint-Augustin-de-Desmaures, Marcel Corriveau, ne s’est pas dit surpris de la déclaration du maire de Québec, Régis Labeaume, qui concluait que «côté football, on ne veut plus rien d’autre. Tout est correct. On veut continuer comme ça».

Le maire de la capitale vise plutôt l’érection d’un nouvel amphithéâtre multifonctionnel.

Ce à quoi M. Corriveau répond : «Je le comprends! Si j’étais lui, je ferais la même chose. Le gros dossier, c’est l’amphithéâtre et une éventuelle équipe de la Ligue nationale de hockey. C’est ça qui exige le plus de ressources et d’énergie. Le football canadien, ça ne se compare pas aux retombées de la Ligue nationale.»